Samedi 16 janvier 2010 6 16 /01 /2010 10:59

Cette réflexion part d’un constat simple, la quasi-totalité des logiciels utilisés sur le continent africains sont créés et développés en dehors du continent. Ces derniers ne sont pas toujours adaptés aux besoins des entreprises locales et coutent plutôt chers par rapport à leurs moyens. Évalué à 4,5 milliards de dollars en 2010 (2270 milliards de F CFA), le marché informatique africain attire désormais les géants internationaux du secteur. Pour ces multinationales, l’Afrique représente aujourd’hui un marché in­con­tour­nable.

En effet, le développement des té­lé­coms­ avec l'avènement de la téléphonie mobile ainsi que la multiplication  des réseaux bancaires en Afrique augmentent très fortement les besoins en informatique sur le continent.

Cela m’emmène à penser qu’il y a de la place pour le développement d’éditeur locaux, s’ils proposent des produits adaptés aux problématiques des entreprises africaines avec des tarifs compétitifs. En effet, avec le cout inférieur des informaticiens  et la connaissance des marchés locaux, il y a un potentiel pour développer des offres produits intéressantesIl faut noter que sur certaines niches (ex gestion des clients pour les compagnies d'eau ou d'électricité), il existe déjà des éditeurs africains (Marocains, Tunisiens, Ivoiriens, etc..) qui proposent de bons produits  qui s'exportent de plus en plus vers les autres pays africains.

 

Avant de poursuivre mon propos, voici un bref rappel sur les principaux métiers de la fabrication de logiciels.

Les logiciels spécifiques : Les logiciels sur mesure répondent à un besoin d’une entreprise et sont développés par les sociétés de prestation informatique ou par l'entreprise elle même si elle dispose des ressources compétentes. 1 logiciel => 1 entreprise

Les services informatiques se caractérisent par des investissements très limités - car financés par les contrats clients – et par un rendement plus facile et immédiat, ce qui explique le développement de nombreuses sociétés de services informatique dans tous les pays africains.

 

Les produits logiciels : Les produits logiciels sont créés par des éditeurs qui fabriquent des produits pérennes qui sont vendus à plusieurs entreprises. Ces produits sont génériques, sécurisés et documentés.   1 logiciel => X entreprises. La mise au point et la vente d'un logiciel nécessite des investissements plus importants. 

 

Ces produits logiciels peuvent se décomposer en deux sous groupes :

  • Les logiciels système qui facilitent l'utilisation des ressources informatique (systèmes d'exploitation, Base de données,  utilitaires etc.),
  • Les  logiciels applicatifs destinés soit à une profession (Assurance, banques, Brasseries etc..) soit à une fonction dans l'entreprise (paie, comptabilité, RH etc.).


Pour qu’une industrie du logiciel émerge en Afrique, il faudrait qu’elle soit encouragée par les organisations régionales comme l’UEMOA et les gouvernements africains. 

Une décision qui permettrait de favoriser l’émergence d’une industrie africaine du logiciel : acheter du logiciel, et du logiciel made in Africa. Par exemple les administrations et les entreprises d'état devraient s’équiper en priorité en logiciel made in Arica. Et oui, tous les pays essayent, lorsque c’est économiquement raisonnable, de favoriser leur industrie. Pourquoi cela ne s’appliquerait pas à l’industrie logiciel?  

Nous avons, en Afrique, des développeurs de qualité pour réaliser des logiciels,  des entrepreneurs pour créer des sociétés d’édition de logiciel. Reste à assurer la pérennité des éditeurs en achetant du logiciel made in Africa  plutôt que de payer à prix d'or des logiciels créés aux USA ou en Europe. Les gouvernements doivent prendre des dispositions pour aider les petites structures à avoir accès aux marchés publics.

  • Il faut également que la protection de la propriété intellectuelle (copyright) soit garantie par des mécanismes institutionnels nationaux et régionaux.
  • Il faut soutenir le financement des éditeurs. 
  • Encourager les SSII à se lancer dans l'édition de logiciel.

  • Augmenter la part de l'innovation dans les cours des écoles informatiques.

Il est évident également que la culture du spécifique dans les applications doit évoluer.  Le spécifique, qui fait le bonheur des sociétés de service informatique, à un coût important de maintenance sur le long terme. Résultat, les informaticiens développent plusieurs fois la même chose dans dix sociétés différentes en argumentant que leurs besoins est totalement différents.  Alors que la sagesse serait d’accepter qu'un logiciel fasse 80% des besoins exprimés et pas la totalité.

Il y a là une véritable éducation des décideurs à faire pour les convaincre d’utiliser des outils standards plutôt que de céder aux demandes spécifiques des utilisateurs.

 

Avec de bons produits, une aide des gouvernements les logiciels made in africa pourront à leur tour envahir les entreprises africaines.

Par A.Boyarm - Publié dans : Reflexion
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